Bukolla

Il était une fois un vieux couple. Ils vivaient dans leur chaumière avec leur fils qu´ils ne chérissaient point et avaient pour tout bétail une vache appelée Búkolla. Un jour la vache mit bas et la fermiere l´assista. Dès que la vache fut remise, la veille rentra chez elle. Un peu plus tard elle revint pour voir si tout allait bien. Mais la vache avait disparue. Les vieux la cherchèrent partout mais sans succès. Ils ordonnèrent alors à leur fils de partir à sa recherche et de ne pas revenir sans elle. Ils lui donnèrent des provisions et de nouveaux souliers pour le voyage puis le garçon se mit en route.

Après une très longue marche, il s´arrêta pour se restaurer et il appela :”Meugle maintenant, ma Bakúlla, si tu es là quelque part en vie!” Et il entendit meugler la vache dans le lointain. Il marcha encore longtemps puis lors d‘une nouvelle pause pour prendre des forces, il repéta : “Meugle maintenant, ma Búkolla, si tu es là quelque part en vie.” Et il entendit meugler un peu plus près que la première fois. Le garçon marcha encore longtemps. Enfin il arriva à de hautes falaises? très hauts. Il appela de nouveau : “Meugle maintenant, ma Búkolla, si tu es là quelque part en vie.” Cette fois-ci il entendit meugler la vache juste sous ses pieds. Il descendit dans les rochers où il trouva une immense grotte. Il pénétra à l‘intérieur où il découvrit Búkolla attachée. Il défit les liens de la vache, la conduit hors de la grotte et se mit en route vers la maison.

Après avoir parcouru un bout de son chemin, il vit qu‘une énorme ogresse accompagnée d´une autre un peu plus petite les poursuivaient. La plus grande ogresse avait le pas si long qu´elle allait bientôt le rattraper. Il demanda alors conseil à la vache qui lui répondit : “Prends un poil de ma queue et pause-le au sol.”Il obéit. Sur quoi la vache ordonna au poil: ” Transforme-toi en un fleuve si vaste que personne ne pourra le franchir excepté un oiseau en vol!”

Aussitôt le poil se transforma en un vaste fleuve. Arrivée à ses rives, l´ogresse dit: “Ceci ne te sauvera pas, mon garçon. Va chez nous, la bécasse, et cherche le grand boeuf de mon pere!” Sur quoi la bécasse est partie pour revenir aussitot avec un boeuf énorme qui a bu toute l´eau du fleuve en un clin d´oeuil. Le fils fermier s´est rendu compte que l´ogresse a un pas si grand n´allait pas tarder a l´atteindre. Donc il dit a la vache: “Que ferons nous maintenant, ma Búkolla?”

“Prend un poil de ma queue et pose le au sol,2 a répondu la vache. Il l´obéit. Alors, la Búkolla a dit au poil: ” Je te commande de te transformer en un feu si vaste que personne ne saura le parcourir sauf l´oiseau en vol!”

Et aussitot, le poil est devenu du feu.

Arrivé au flammes, l´ogresse a prononcé: ” Que cela ne te tienne, mon gars! Va chercher le grand boeuf de mon pere,” a-t elle dit a sa compagnonne. La bécasse a exécute son ordre en une fois le boeuf revenu, il a fait pipi de l´eau qu´il avait avalée du fleuve et ainsi il a éteint sur le champ le feu.

Comme avant, il était clair au fils fermier que l´ogresse au grand pas n´allait pas tarder a l´atteindre.

Alors il dit: ” Que ferons nous maintenant, ma Búkolla?”

“Prends un poil de ma queue et pose le au sol, ” a repondu la Búkolla. Puis elle dit au poil: ” Je t´ordonne de te transformer en une montagne si grande que personne ne saurait la franchir excepté l´oiseau en vol!” Aussitot le poil est devenu une montagne si impressionant que le fils fermier n´a vu que le bleu du ciel.

Arrivée a la montagne, l´ogresse a dit: Que cela ne te tienne, mon gars! Toi, bécasse – va chercer la grande perceuse de mon pere!” La bécasse de retour avec la perforeuse, l´ogresse a percé un trou dans la montagne mais elle a tenté prématurement d´entrer dedans. Elle s´est donc figée au trou ou elle s´est transformée en pierre avec temps. Elle s´y trouve toujours.

Mais le fils fermier a atteint la chaumiere de ses parents sain et sauf, au grand soulagement des vieux.

 

Narrateur:

Hafdís Erla Bogadóttir.

Références:
Íslenskar þjóðsögur (Icelandic Folklore).
Author: Benedikt Johannesson/Johannes Benediktsson.

Dessinateur:
Eyrun Oskarsdottir.

Infographie:
Bjork Hardardottir.

Mixer du son:
Hafdís Erla Bogadóttir.

Videó:
Markus Sveinn Markusson.